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Céline, Louis Ferdinand – interview

Louis-Ferdinand Céline
Interview avec Louis Pauwels et André Brissaud
(Radio-Télévision française)
Printemps 1959

De video van dit interview vindt u op: http://www.ubu.com/film/celine_television.html

Quand on arrive devant la maison de Louis-Ferdinand Céline à Meudon ce qu’on voit d’abord c’est ce panneau imposant. Lucette Almanzor est la femme de Louis-Ferdinand Céline. Elle a traversé avec lui bien des épreuves. Elle sait qu’il est dificile de vivre avec un génie. Perdu dans les fourrées voici la plaque de Dr. Destouches. Louis-Ferdinand Célines’appelle en réalité Destouches. Il est médecin, médecin des pauvres. Toujours plein de colère et enveloppé de misère. Le voici—ses véritables compagnons sont des chiens bâtards et rageurs. Il les appelle tous « mon petit père » avec beaucoup de tendresse. Son ami le plus intime c’est ce perroquet que vous allez entendre siffler pendant la conversation. Car en effet, Céline vit, travaille, et rêve parmi les aboiements furieux et les coups de sifflet de cet oiseau ironique. Son bureau qui est aussi son cabinet de consultation se trouve au rez de chaussée et quel curieux cabinet de consultation ! Il ne mange presque pas, boit de l’eau, ne fume pas, dort à peine. Il travaille. Du matin au soir, il ecrit sur cette table pour un livre qui se composera de 2500pages manuscrites. Il y couvre de son écriture 80,000 feuilles qu’il assemble avec des pinces à linge.

Als u aan de voorkant van het huis van Louis-Ferdinand Céline in Meudon komt, ziet u als eerste dit indrukwekkende bordje. Lucette Almanzor is de vrouw van Louis-Ferdinand Céline. Ze is bij hem geweest en heeft vele beproevingen doorstaan. Ze weet dat het moeilijk is om met een genie te leven. Verborgen in de tuin ligt de naamplaat van Dr. Destouches verborgen. Louis-Ferdinand Céline’s echte naam is Destouches. Hij is een dokter, een dokter voor de armen. Altijd vol woede en omgeven door ellende. Hier is hij dan. Zijn echte vrienden zijn zijn bastaards en zijn waanzinnige honden. Hij noemt elk van hen teder “mijn kleine vader”. Zijn beste vriend is de parkiet die je tijdens het gesprek hoort fluiten. Want Céline leeft, werkt en droomt tussen het woedende geblaf en de fluiten van deze ironische vogel. Zijn studeerkamer, die ook zijn kantoor is, bevindt zich op de begane grond. Wat een vreemd kantoor! Van zonsopgang tot zonsondergang schrijft hij aan dit bureau, een boek dat 2500 manuscriptpagina’s zal omvatten. Hij heeft zeker 80.000 bladen bij elkaar geschreven die hij met kledingpinnen ordent. Hij eet of drinkt nauwelijks water, hij rookt niet, hij slaapt heel weinig. Hij werkt.

Louis-Ferdinand Céline, vous êtes un drôle de personnage. Vous excitez les passions par vos oeuvres, par vos idées, par vos attitudes. Vous dites souvent on vous comprend mal. Ça fait l’occasion de vous faire mieux comprendre. Si vousaviez à vous définir d’un mot, qu’est-ce que vous diriez?

Louis-Ferdinand Céline, u bent een merkwaardig persoon. Door uw werk, door uw ideeën, door uw houding, maakt u mensen wakker. U zegt vaak dat u verkeerd begrepen wordt. Hier is een kans om beter begrepen te worden. Als u uzelf in één woord zou moeten definiëren, wat zou u dan zeggen?

Eh bien! C’est que je travaille et je me fouts de rien. Voilà exactement ce que je pense. La question justement ou le désaccord est complet. C’est que nous sommes les coupables de la publicité. Parce que c’est l’horreur du monde moderne qui fait la publicité. Donc, je serai partisan de la modestie. Ce qui compte, c’est l’objet. Cequi compte: vous avez un appareil devant vous. J’espère qu’il est magnifique. Mais après tous, le bonhomme qui l’a fait, il devait avoir peut-être des ennuis. Il étaitpeut-être cocu, il était peut-être pédéraste. Il était peut-être blondinet. Peut-êtrequ’il était androgyne. Peut-être qu’il avait mal à la gorge, je n’en sais rien. Mais sonappareil marche. Le preuve, n’est-ce pas? C’est un appareil qui m’intéresse. Moi, le bonhomme qui l’a fait, ne m’intéresse pas. Les virements, c’est ça m’embête. Fine.

Het is gewoon mijn werk en het kan me geen reet schelen. Dat is precies wat ik denk. Om precies te zijn, de vraag of het meningsverschil volledig is. Het is dat wij de boosdoeners van de publiciteit zijn. Want het is de verschrikking van de moderne wereld die het nieuws maakt. Waar het om gaat is: je hebt een camera voor je, daar. Ik hoop dat het prachtig is. Maar de man die de camera bestuurt, heeft misschien toch problemen. Misschien is hij een koekoekoek. Misschien is hij wel een pedofiel. Misschien is hij een jongen met mooi haar. Misschien is hij androgyne. Misschien heeft hij keelpijn, ik weet het niet. Maar de camera werkt. Het is het bewijs, is het niet? Het is de camera die me interesseert. Voor mij interesseert de persoon achter de camera me niet. De bemiddelaars, die storen me.

Parmi bon nombre de singularités, vous avez celle de Parisien. Votre tons, vos manières, vos réactions, votre accent même sont d’un Parisien, mieux encore peut-être, d’un faubourien. Où êtes-vous né?

Met al uw eigenaardigheden, bent u een echte Parijzenaar. Uw toon, uw manieren, uw reacties, zelfs uw accent is dat van een Parijzenaar, of meer specifiek, dat van iemand van de faubourgs. Waar bent u geboren?

Je suis né à Courbevoie (Seine), Com du Vin, le 27 mai 1894

Ik ben geboren in Courbevoie (Seine), Com du Vin, May 27, 1894.

Et vous êtes resté longtemps?

Bleef u daar lang ?

2 ans.

2 jaar.

2 ans ?

2 jaar ?

2 ans évidemment. On me l’a dit parce qu’après tout, à 2 ans, on n’a pas desouvenirs précis.

Blijkbaar 2 jaar. Tenminste wat ze me verteld hebben, want als je 2 jaar oud bent, heb je toch geen precieze herinneringen.

Que faisaient vos parents?

Wat deden uw ouders?

Ma mère faisait de la mode et elle réparait des dentelles. Ça ne marchait pas très bien à Courbevoie, si bien qu’il a fallu qu’elle ferme boutique. Alors elle est partie et elle est allée se placer chez sa mère comme demoiselle de magasin, rue deProvence.

Mijn moeder werkte in de mode en repareerde kant. In Courbevoie ging dat niet zo goed; ze moest haar winkel sluiten. Daarna vertrok ze en ging bij haar moeder wonen als winkelmeisje in de rue de Provence.

Et votre père?

En uw vader?

Mon père était correspondancier. Parce qu’il était licencié, mon père! Et alors monpère avait des prétentions littéraires. Il les avait. D’ailleurs, c’était un homme lettré et il faisait la correspondance au service d’incendie du phoenix, rue La Fayette.

Mijn vader was een correspondentiebeambte. Omdat hij ontslagen was, mijn vader! Hij had literaire pretenties. Hij had ze. Daarnaast was hij een geschoold man en deed hij alle correspondentie voor de brandweer bij de verzekeringsmaatschappij “Phoenix” in de rue Lafayette.

Et après Courbevoie, où vous êtes allé ?

Waar ging u heen na Courbevoie?

Je suis allé passage Choiseul. Ce qu’il y a de plus beau, c’est que le passage Choiseul, à cette époque-là, était trop gaz, ce qui fait qu’il y avait 360 becs de gaz qui marchaient à partir de 4 heurs du soir. Avec tous ces becs Auer qui marchaient,on était dans le gaz. J’ai été élevé dans une cloche à gaz.

Ik ging naar Choiseul Passage. Het mooiste is dat de Choiseul Passage in die tijd helemaal verlicht was; er waren 360 gaslantaarns die om 4 uur ’s avonds werden verlicht. Met al deze Auer gaslampen in werking, zaten we in het gas. Ik werd opgevoed in een gasbel.

A cette époque-là, vous étiez un enfant très doux, très affecteux ?

In die tijd was u een zoet en aanhankelijk kind?

Je n’avais pas beaucoup de chance d’être doux et affectueux : j’ai été élevé dans les gifles parce qu’il fallait des gifles, parce que c’était comme ça ; à cette époque-là, on élevait avec des gifles et puis « Tais-toi, tu es un voyou !

Ik had niet de kans om zacht en aanhankelijk te zijn. Ik werd opgevoed met klappen omdat ze nodig waren, zo was het ook met hen. Kinderen werden opgevoed met klappen en vervolgens met “Hou je mond, je bent een vechtjas.

Aimiez-vous votre mère ?

Hield je van je moeder?

Eh bien! Je ne me posais pas la question. Tout ça se passait dans un…eux étaient angoissés par leurs problèmes de la croque, n’est-ce pas, parce que je me rappelle ça ; je me rappelle une chose : il n’y avait jamais qu’une vitrine qui était allumée lesoir au gaz, parce que, dans l’autre, il n’y avait rien, il n’y en avait qu’une des deux allumée parce que l’autre était vide. Alors ça ne se pose pas comme question. Que sais-je ? Il n’y avait pas de complexe, n’est-ce pas ? Il s’agissait de manger, de donner à bouffer. Ah ! je me rappelle une chose, c’est que chez nous, on bouffait des nouilles. On bouffait des nouilles. Pourquoi ? On faisait une lessiveuse denouilles, parce que la nouille est le seul aliment—vous parlez justement d’une gargote–, le seul aliment qui peut se faire, qui n’a pas d’odeur, car la dentelle, et surtout la dentelle ancienne, retient les odeurs. Par conséquent, j’ai la vécu dans la panique de l’odeur. Donc, il n’était pas question ni de viande, ni de poisson, ni de rien. La nouille ! La nouille ! Alors, ma mère, la pauvre femme, il y avait un escalier,n’est-ce pas, pour monter les escaliers—elle était infirme—pour monter un escalier d’un étage en tire-bouchon comme ça, pour le monter le moins possible, elle faisait une lessiveuse de nouilles. Alors on bouffait de la nouille avec un peu de beurre lesoir. J’ai été élevé aux nouilles et à la panade.

Nou…. Die vraag heb ik mezelf nooit gesteld. Alles gebeurde in een…. alles werd toen gedomineerd door het probleem van het eten…. nietwaar? Omdat ik het me zo herinner. Eén ding komt in me op: er was altijd maar één raam dat ’s avonds door het licht van de avond verlicht werd omdat er in het andere raam niets was. Er was altijd maar één van de twee verlicht omdat het andere raam leeg was. Het is dus een vraag die je niet stelt. Wat weet ik? Er was toch geen complex, toch? We maakten ons zorgen over het eten, eten en eten. Ik herinner me één ding: bij ons thuis aten we noedels. We aten noodles. Waarom? We hebben een pan noedels gemaakt omdat de noedel de enige stof is – ik heb het over een soort vergiet – het enige voedsel dat gemaakt kan worden dat geen geur heeft, omdat kant, vooral oud kant, geuren vasthoudt. Hierdoor raakte ik in paniek over de geuren. Daarom was vlees, vis, niets. Noedels! Noedels! Toen, mijn moeder, de arme vrouw, er was een trap, de trap op ging….ze was ziek….om naar boven te gaan….om zo weinig mogelijk naar boven te gaan, moest ze een pot noedels maken. We aten noedels met een beetje boter, ik werd opgevoed met noedels en broodsoep.

Passage Choiseul, il n’y a pas beaucoup de spectacles de la nature?

Had u bij Passage Choiseul veel uitzicht op de natuur?

Ah! Il n’y en a aucun.

Niet een.

Vous étiez un petit gosse de Paris qui connaît peu la nature, le ciel, l’air pur. Comment avez-vous découvert la nature?

U was een kleine jongen uit Parijs die weinig wist van de natuur, van de lucht, van de open lucht. Hoe heeft u de natuur ontdekt?

Au cimetière, pour aller voir la tombe de ma grand-mère, quand elle est morte. Aucimetière, et puis au square Louvois, parce que c’était mon école. Alors… voyez…parce que c’était mon école.

Op een begraafplaats, om naar het graf van mijn oma te gaan toen ze stierf. Op de begraafplaats, en dan op het Louvoisplein, want daar was mijn school, zie je…. want daar was mijn school.

Comment avez-vous fait vos études? Quelles études avez-vous faites?

Hoe heeft u gestudeerd? Wat heeft u gestudeerd?

Eh bien! J’ai fait des études primaires, jusqu’au Certificat d’Études.

Ik heb de lagere school afgemaakt met mijn certificaat.

Vos parents vous destinaient à quel métier?

Wat wilden je ouders dat je deed voor een carrière?

L’ambition de ma mère était de faire de moi un acheteur des grands magasins. Il n’yavait pas plus haut dans son esprit. Quant à mon père, il ne voulait pas que je fasse des études parce qu’il trouvait que c’était la misère et il le voyait puisqu’il en était dedans.

Mijn moeders ambitie was dat ik een inkoper zou worden voor een warenhuis. Mder ambitie koesterde ze niet. Wat mijn vader betreft, hij wilde niet dat ik zou studeren omdat hij het ellendig vond, en hij zag het zo, omdat hij zo in elkaar stak.

Et qu’est-ce qui vous a fait penser à être médecin?

Waarom dacht u dat u dokter zou worden?

L’admiration que j’avais pour la médecine. De voir des médecins, je trouvais ça épatant.

De bewondering die ik had voor de geneeskunde. Om naar de dokters te gaan,  dat vond ik geweldig.

Quand vous étiez petit, cela vous semblait-il important d’être écrivain?

Toen u jong was, leek het belangrijk om schrijver te zijn?

Ah! Pas du tout! Je trouvais ça ridicule. Que ce soit sur un bisou ou un babet ou un cran d’éteule. Pourquoi ? Il ne serait pas plus qu’un autre. Ça, ça me paraît toujours extraordinaire. C’était l’avis de mon père, d’ailleurs.

Helemaal niet! Ik vond het belachelijk. Dat leek altijd iets onbelangrijks. Waarom? Het kon niet meer zijn dan iets anders. Dat, dat lijkt altijd buitengewoon. Dat vond mijn vader trouwens ook.

Quand avez-vous passé vos bachots?

Waneer haalde u het baccalaureate?

J’ai passé mes bachots, une partie avant la guerre, juste avant de m’engager en 12,et j’ai passé après, en 18.

Ik ben mijn baccalaureaat enige tijd voor de oorlog gepasseerd, net voordat ik me in 1912 inschreef, en ik heb ze daarna in 1918 meegenomen.

Mais entre votre Certificat d’Études et votre premier bachot, vous avez…

Tussen het ontvangen van je certificaat en je eerste baccalaureaat, heb je….

Ah bien, je potassais moi-même dans les manuels qu’on peut acheter n’importe où.

Ik heb me toegelegd op het bestuderen van schoolboeken die je overal kunt kopen.

Que faisiez-vous à ce moment-là?

Wat deed u toen?

Ah! J’étais garçon de courses partout, et livreur, et apprenti partout. J’ai été chezLacoste, j’ai été chez Raymond, j’ai été chez Vackerner; douze métiers, treizemisères, comme dit le poème. Ça fait que j’ai fait beaucoup. J’étais très actif. Maintenant je suis podagre, maintenant ici.

Ik was een schooljongen, een bezorger en vooral een leerling.  Ik werkte voor Lacoste, Raymond, Vackerner; een dozijn banen, meer ellende, zoals het gedicht zegt. Wat ik meaniseer, heb ik veel gedaan. Ik was erg actief. Nu ben ik hier een kreupele.

Mais vous avez eu votre premier bachot?

Maar u hebt uw eerste  baccalaureate gehaald?

Ah! Haut la main !

Met vlag en wimpel!